Qu'est-ce qu'un tsukubai ?

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Un tsukubai ? Quesako ? Voici une petite explication, après quelques recherches sur le sujet....

 

Le tsukubai (蹲踞, littéralement « bassin où l’on se penche »), est un ensemble composé d'un petit bassin d’ablution et de pierres placées d'une façon spécifiques. On les trouve souvent dans les chaniwa (茶庭), les jardins entourant les pavillons de cérémonie de thé. Lors de ces cérémonies, le bassin sert à se purifier les mains et la bouche, conformément à la tradition héritée du shintoisme. La position basse du bassin oblige les personnes à se baisser en signe d’humilité d’où son nom.

Le bassin, chozubachi (手水鉢) peut être de différentes formes : 

  • Forme ishi usu: à l’origine, cette forme de pierre était utilisée comme mortier, puis intégrée à la réalisation du tsukubai en jouant le rôle du chozubachi.
  • Forme mizubore ishi: il s’agit d’une pierre ayant été creusée naturellement par l’érosion. Elles sont souvent creusées artificiellement.
  • Forme ginkakuji: cette forme provient du temple Ginkakuji à Kyoto. De forme cubique, ses quatre faces sont gravées de lignes symétriques. Elle date de la période Edo.
  • Forme teppatsu: elle provient de la deuxième section d’une tour Gorin (monument funéraire). Il s’agit également de la représentation du bol d’acier utilisé par les moines itinérants du Japon.
  • Forme zeni: cette forme appelée également Forme Ryoanji, représente une ancienne pièce de monnaie chinoise. Les deux plus remarquables se trouvent aux temples Fuzen et Ryoanji à Kyoto.
  • Forme kiku: il s’agit ici de la représentation d’une fleur de chrysanthème, Kiku en japonais. Elle est le symbole du Japon impérial.
  • Forme shihobutsu: il s’agit de la première section d’une tour Gorin. Quand certains temples bouddhistes se séparèrent de tours, cette section fut utilisée comme Mizubachi. Un Bouddha est sculpté sur chacune des faces. Cette forme date de la période Kamakura.
  • Forme kesa: c’est à la période Kamakura que cette pierre a commencé à être utilisée comme Mizubachi. La sculpture symbolise une forme simplifiée de porte. Il s’agit de la deuxième section d’une tour Roto (monument funéraire).
  • Forme natsume: il s’agit ici d’une forme inspirée du fruit ovale produit par l’arbre « Zizyphus jujuba », Natsume en japonais. Cette forme date du milieu de la période Edo.

Tsukubai - placement des pierresLes différentes pierres placées autour portent toutes un nom. Celle sur laquelle on pose les pieds: mae-ishi (前石) qui se trouve juste devant le bassin, celle de gauche: yuoke-ishi (湯桶石) qui sert à poser un récipient d'eau chaude, celle de droite: teshoku-ishi (手燭石) qui servait de support à une bougie ou une lanterne. Le bassin de drainage et les pierres (galets) que le composent, se nomme suimon (水門).

On peut ajouter derrière le bassin une lanterne japonaise en pierre (Ishidōrō 石灯籠) afin de l'éclairer. L'eau arrive généralement dans le chozubachi par un conduit en bambou (kakei). La purification de fait en prenant l'eau avec une louche en bambou nommée hishaku.

Tsukubai Ryoanji - inscriptionTsukubai du temple de RyoanjiLe chozubachi du temple Ryoanji est très joli et particulier. Il est rond, de type "pièce de monnaie" (zeni) et la vasque de forme carré fait référence au kanji 口 (kuchi en japonais ou Kǒu en chinois) qui signifie «bouche». Un kangi est un idéogramme japonais d'origine chinoise (sinogramme). A chaque côté du carré est gravé un kangi qui, associé à kuchi donne à chaque fois un nouveau kanji : 吾 (je), 唯 (seulement), 足 (satisfaction), 知 (savoir). Si on ignore le carré du bassin, on ne lit que 4 mots sans sens... mais associés, et en lisant dans le sens des aiguilles d'une montre, on obtient la phrase ware, tada taru wo shiru, «Je connais seulement la satisfaction» (sous-entendu, je n’ai pas beaucoup), un concept cher à la mouvance Zen du Bouddhisme...

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